Que retenir en quelques mots de la 34e cérémonie des César ? Le survêtement et la visite "surprise" de Dany Boon , l'ovation reçue par Dustin Hoffman, l'excellent français d'Emma Thompson, Yolande Moreau qui évoque son Super U et son Monoprix en recevant son prix... et la longueur de la cérémonie qui retint l'attention de 2,1 millions de téléspectateurs. Des courageux, autant le dire.
Que sont, au juste, les César ? Une remise de prix interprofessionnelle ? Auquel cas, pourquoi filmer un évènement dont le public est exclu et dont les goûts sont tenus pour quantité négligeable ? Ou bien est-ce un show télévisé glamour ? Et dans ce cas, de grâce, supprimons les remises de prix aux techniciens du cinéma. Costumiers, décorateurs, ingénieurs du son sont des gens formidables, ils participent dans les soutes à la magie du 7e art mais n'ont rien à faire dans un show TV qui se veut "paillettes et champagne". L'académie des César n'a jamais tranché entre ces deux versants et nous inflige, chaque année, ce show trop long, ponctué de moments de grâce entre deux salves d'interminables remerciements à la tata Georgette ou à "Éric, Marco, Nicolas et tous ceux que j'ai oubliés..."
Quant au palmarès, pardon d'être désagréable, mais 7 césars pour le film Séraphine, de qui se moque-t-on ? Ce beau film méritait-il vraiment d'éclipser les autres ?... On tombe là dans le piège du collège électoral des César confiné à 3.100 "professionnels de la profession" répartis en douze catégories de métier. Oui, Gad Elmaleh avait raison en piquant une colère avant la cérémonie : "Le métier, la corporation ne sont pas en phase avec le public. Il y a un fossé entre la réalité du terrain et la corporation, le conseil des sages qui décide."